Samedi 9 septembre 2006
Bonjour,

Nous nous sommes quitté au moment de commencer la montée sur Champex. 4,3 km pour 422 mètres de D+. Pour moi, il s'agit d'une des deux portions les plus dures du trajet: la montée se fait dans une forêt très très sombre, car très serrée. Le 'chemin' est un véritable chaos minéral sur les 3/4 de sa longueur. On a l'impression d'un torrent asséché, parfois presque vertical. Ou d'escalier dont les marches font 1 mètre de haut! Après près de 110 km de vadrouille, les muscles commencent un peu à tirer. Il faut ajouter à cela la pluie (fine), puis la neige et le brouillard. Parfois, je dois m'arrêter pour chercher mon chemin avec ma lampe ventrale. Par endroit, le chemin large de 50 cm surplombe le vide. Il s'agit de rester bien concentré! De Praz-de-Fort à Champex-Lac, il me faut 1:49. J'arrive à la base de vie à 01:47, Dimanche matin. J'ai 66 minutes de retard, soit 13 de plus qu'à Praz-de-Fort. Mais j'ai 73 minutes de marge sur la barrière horaire. C'est 15 minutes de plus qu'à La Fouly (gain réalisé sur la pause). Compte tenu de la difficulté que je viens de franchir, c'est pas mal. J'avais prévu sur mon tableau de marche que si j'arrivais à 24:00 à Champex, j'aurais droit à une douche (que j'ai déjà zappée à Courmayeur). Donc, exit la douche. De toutes façons, vu l'organisation de cette base de vie, autant ne pas y penser. C'est là mon deuxième bémol par rapport à l'organisation: une fois mon sac de rechange récupéré, j'ai demandé ou se trouvaientt les locaux pour se rechanger, se reposer, etc. On m'a aiguillé sur... la cantine. C'est donc parmi les spectateurs qui mangeaient saucisses et autres raclettes que j'ai dû déballer mes effets, dans une promiscuité totale, sans place (car les occupants non coureurs étaient peu enclins à faire de la place). C'est parmi ces brave gens que j'ai déballé mes pauvres petits petons martyrisés (et certainement peu appétissants) afin de pouvoir rapidement les soigner. Ils sont en effets mouillés depuis plusieurs dizaines de km et les dégâts commencent à apparaître. Mais pas de cloques (pas encore). Bref, je suis un peu grinche, mais finalement j'arrive à emballer tous mes effets, je me sustente la moindre (il n'y a plus grand chose à manger) et toujours sous la pression de la barrière horaire, je repars. Cela devient un peu un exercice de survie... Engagez-vous, qu'ils disaient...

La prochaine étape, c'est Bovine. C'est la septième 'grosse' montée du parcours (sur neuf). Toutes ces montées sont superbes de jours, plus redoutables la nuit. Une fois de plus, je constate que les lambdas comme moi souffrent finalement plus que les cracks: on a plus rien aux ravitaillement, on passe après 1500 autres bipèdes et de ce fait la boue est ... boueuse à souhait et surtout on se paie deux nuits blanches! Bon, si on divise les coûts par le nombre d'heure, nous sommes largement gagnants! On se console comme on peut. Chemin faisant (pan! pan!), j'arrive à Bovine à 05:44, avec 72 minutes de retard sur mon horaire, soit 6 minutes de plus qu'à Champex. Je suis visiblement en forme descendante, attention danger. A Bovine, le jour se lève, il pleut un peu et il y a du brouillard. Par de raisons de s'attarder, donc. Encore une petite montée et on passe le collet de Portalo. Il y a maintenant une assez longue mais facile descente jusqu'au Col de la Forclaz. Cette descente se fait dans une forêt de mélèzes, très jolie. Depuis le Col de la Forclaz, on voit la plaine du Rhône, Martigny et les environs. C'est il y a trois ans, je crois, que j'ai passé une nuit dans un dortoir de l'hôtel de ce col, lors d'une excursion dans le coin. A la réception, dans le présentoir des attractions touristiques du coin, j'avais trouvé une petite brochure annonçant la 1ère ou la 2ème édition de l'UTMB. J'avais déjà fait des marathons et en lisant ce prospectus, je m'étais dit: 'c'est démentiel, en tous cas pas pour moi'. Et pourtant...

Depuis le Col, on courre un moment au plat (si, si), le long d'un bisse réhabilité. Puis on plonge à travers la forêt jusqu'à Trient, 200 mètres plus bas. La boue est de plus en plus boueuse. Heureusement, on a mis des copeaux de bois sur la sente. Sans quoi, bonjour les glissades. Depuis le départ, je ne suis pas encore tombé. Je touche du bois! J'arrive à Trient à 07:41 au lieu de 06:15. J'ai donc 86 minutes de retard, soit 14 de plus qu'à Bovine. Mama mia, ça sens le brûlé. mais à Trient, il y a une barrière horaire à 08:15. J'ai donc maintenant 120 minutes de marge. Bizarre? Vous avez dit bizarre? En effet, l'organisation à resserré les barrières du début du parcours, mais le temps final admissible reste le même. Pour ma part, cela m'a mis sous pression tout le long et cela a certainement contribué à ma réussite. Mais d'autres, que je connais, ne se seraient pas inscrits sur la base de ces nouvelle barrières (elles ont en effet été connues APRES l'ouverture des inscriptions).

Passons sur ces considérations terre-à-terre et continuons notre quête du Graal. La descente sur Trient nous a amené à 1300 mètres d'altitude. Il s'agit de se taper maintenant la montée des Tseppes, à 1932 mètres. Soit 632 m de D+ en 3,5 km environ. C'est une montée longue, un peu monotone, mais régulière et relativement facile. D'autant plus qu'il ne pleut plus et que la température est assez 'douce'. Au lieu-dit les Tseppes, il y a un chalet. Ses propriétaires ont refusé qu'il s'y tienne cette année un ravito, en raison des déchets laissés l'année dernière (information non officielle). C'est l'occasion pour moi de fustiger les cochons de coureurs qui laissent leurs déchets sur le chemin. Ils sont nombreux, malgré la charte que l'on signe avant la départ. Mais qu'elle solution trouver? On ne peut pas mettre un surveillant derrière chaque concurrent! La seule à mon avis: faire payer dix Euros de plus, et avec cette cette taxe (mon Dieu que je n'aime pas ce mot), financer des 'bénévoles' qui feront le tour en 2-3 jours et ramasseront ces déchets. La taxe rentrera ainsi dans la caisse des sociétés (sportives ou autres) qui feront ce travail. Bien sûr, cela ne devrait pas être un encouragement à cochonner encore plus l'environnement. Fin de la parenthèse.

Arrivée aux Tseppes à 09:27. Il fait maintenant bien jour, la journée promet d'être agréable. J'avais prévu d'atteindre cet endroit à 08:08. 79 minutes de retard. J'ai donc repris 7 minutes depuis Trient et de nouveau à la montée. Avec l'âge, je deviens meilleur grimpeur que descendeur. Aux Tseppes, sinon boire un thé, il n'y rien à faire. Donc zou, départ pour le sommet (à 2050 mètres), puis la descente sur Catogne. C'est une portion du trajet que je connaissais pas jusqu'au reconnaissances du 14 juillet. C'est magnifique et depuis Catogne, à 1 km de la frontière, on peut faire entre autres le Col de Balme, conduisant en France et beaucoup d'autres randonnées magnifiques. Donc Catogne, à 2000 mètre d'altitude. On descend maintenant jusqu'aux Esserts, c'est la frontière franco-suisse. Les Esserts, cela se trouve dans un domaine skiable, c'est assez joli, mais le sentier est boueux de chez Boueux. Et c'est dans cette descente que je chute 2 ou 3 fois. Imaginez-vous: le chemin fait a peu près 50 cm de large et la boue qui le recouvre est une crème chocolat (pas comestible) de 20 centimètres d'épaisseur au moins.

Au moins le ciel est serein, on ne peut pas tout avoir en même temps. Depuis les Tseppes jusqu'à Vallorcine, il y a plus de dix kilomètres. Pour une fin de parcours, je trouve que c'est un peu long, sans ravitaillement intermédiaire. D'un autre côté, je suis un peu comme le cheval qui sent son écurie se rapprocher. Je commence à être fatigué, certes, mais le but approche, approche. Et c'est dans la descente sur Vallorcine que je rencontre un ami, Marc Hoste, mais que fait-il donc là? L'ami Marc à convaincu son épouse, la mienne ainsi que la Puce de venir à ma rencontre à Vallorcine. De plus, il a fait au moins 200 mètres de D+ pour venir à ma rencontre. Vraiment, c'est un AMI précieux qu'il s'agira de garder précieusement. Mais je le mets en garde: il n'a pas le droit de me porter assistance, pas le droit de courrir à mes côté, etc. (voir le règlement de l'UTMB). Mais 50 mètres devant ou derrière, pas de problèmes. J'arrive à Vallorcine à 11:38, l'heure de l'apéro.

Arrivée à Vallorcine, la fatigue s'installe!

Mais mes pensées sont ailleurs, elles sont focalisées sur l'arrivée, place de l'Amitié, à Chamonix. Je vois une bière, de plus en plus grosse, j'en ai envie (mirage?). J'ai 88 minutes de retard sur mon timing, mais plus que 7 minutes sur la barrière horaire. Je commence en effet à ressentir une grosse fatigue, ce qui n'est pas très étonnant, après 40:37 et 142 km de course.

Ho! Un Hobbit ici?

La présence de mes amis et de ma famille me redonne un coup de fouet et c'est reparti pour les 14 derniers km. Cette distance correspond plus ou moins à mes séances d'entraînement habituelles, mais ils seront les 14 km les plus durs que j'ai jamais courus. Jusqu'à Argentières, via le Col des Montets, ça va.

J'arrive en vue du Col des Montets. Je suis au milieu de l'image, à côté d'un gars en orange.

Le  Col des Montets est atteint, c'est en principe la dernière difficulté. Pour moi cela sera l'avant- dernière.

P'tit peu fatigué...

Après une dernière pause, re-départ pour le finish, encouragé par le fans-club!


Très joli chemin menant à Argentière, un peu boueux, n'est-il pas?

J'arrive à Argentière. Je courre encore, mais la position est un peu 'tassée'.

J'arrive à Argentière à 13:25 au lieu de 11:59:  76 minutes de retard sur mon timing. 12 minutes de moins qu'a Vallorice: le coup est jouable. Serrons les dents!!! On rencontre des promeneurs qui nous félicitent et ça fait du bien.

Arrivée à Argentières, dernier ravitaillement avant Chamonix!

Comme j'ai oublié de me recharger en gels à La Fouly, je prends du thé sucré que me prépare Marc!

Petit ravitaillement, moi qui ne bois presque jamais de coca, j'en ai fait une cure, ce week-end.

Bref ravitaillement à Argentière et je repars. C'est à ce moment que posant le pied sur un cailloux pointu (qui l'a donc mis là?), je ressens une vive douleur. Je continue, je commence à traîner la patte. Mais j'avance. Le dernier tronçon, d'une dizaine de km est un calvaire: des cloques surgissent (ou se manifestent soudain). Je prends la résolution de les percer et de les recouvrir de com-peed. Je connais la méthode, maintes fois éprouvées, et cela devrait me permettre de terminer sereinement. Y a un bug: à la Fouly, parce que je sentais la fin proche, je me suis délesté. Et par inattention, j'ai écarté la petite trousse contenant entre autres les com-peed (aini que les gels...). Je suis donc condamné à recouvrir ces cloques de sparadrap et je continue. Une âme bienveillante m'a aidé à me soigner les pieds. Est-ce de l'assistance? Céleste, peut-être... Le dernier tronçon est joli, certes, pour des promeneurs du Dimanche.

Les organisateurs nous ont encore mis une bonne montée sur le petit balcon sud. Histoire sans doute d'atteindre ces fameux 8500 de dénivelé positifs...

Mais je commence vraiment à être fatigué. J'ai chaud, j'ai froid, il est vraiment temps d'en terminer.

Après une grimpette interminable (tous les 500 mètres on croise des quidams disant en souriant: 'plus que 500 mètres' (sadiques!!!)). Soudainement, un virage à angle droit et voici la plongée sur Chamonix. J'ai tellement mal aux pieds que j'ai l'impression de marcher sur des oeufs. C'est alors que je suis dépassé par un concurrent, en pleine descente. Il dois avoir mon âge, voir plus. MAIS IL EST PORTE PAR DEUX AUTRES PERSONNES.   Arrivé au plat, il est reposé à terre et marche normalement. Sans doute un problème musculaire des ischios, fréquent à la descente. Mais je ne vais quand même pas me faire dépasser par un éclopé! Allez, il reste 800 mètres, courrons un peu!

Le raid touche à sa fin.

Je débouche sur la rue commerciale et piétonne de Chamonix. Immédiatement, je suis pris en mains par la personne qui accueille chaque coureur à cet endroit (sauf ceux qui arrivent en paquet) et c'est une arrivée délirante dans Chamonix en fête et au soleil. Cette personne (dont j'ai oublié de demander le nom) est celle se trouvant au milieu de la photo ci-dessous: t-shirt orange, casquette blanche, polaire noire et pantalon bleu. Il fait partie de l'organisation. Il m'a demandé d'ou je viens, si c'est la première fois, à quel club j'appartiens... Puis quand la foule est devenue plus dans, il s'est mis à crier: C'EST JEAN-LOUIS, IL EST DE RETOUR, APPLAUDISSEZ-LE! C'EST JEAN-LOUIS QUI ARRIVE... Cela a bien duré une à deux minutes et toutes mes douleurs se sont envolées. J'ai dû retenir mes larmes.
Arrivée 'triomphale'. A droite en orange, ce gaillard qui me suit depuis Vallorcine. A gauche, en bleu ciel Martine, qui est au moins aussi contente que moi. Merci Martine pour ton soutien.

J'oublie mes douleurs, je suis HEUREUX!

Un peu trop sérieux, peut être?

On y est presque. La casquette que je porte en ce moment est un souvenir du marathon de New-York 2001 (sept semaines après les attentats!)

Yes! je l'ai fait.

Enfin, voici l'arche d'arrivée, juste devant l'église. Merci mon Dieu pour cette fantastique expérience.

Plus que trois mètres...

Il manque la cerise sur le gâteau: avec 44 heures 50 minutes et 40 secondes, je suis 1144ème sur 1685 classés. En effet, nous sommes classés depuis la Fouly. Mais je suis un des derniers à arriver à Chamonix. Seuls huit concurrents arriveront encore après moi. Et soudainement, je me fais happer par un officiel qui me juche sur le podium ou on est en train de remettre les prix des premiers de chaque catégorie. Et c'est de nouveau le délire, deux mille (au moins!) personnes m'applaudissent. Cela fait vraiment chaud au coeur. Et cela donne la photo ci-dessous.
Vous me connaissez assez pour me reconnaître sur la droite de la photo. Au centre, avec la casquette rouge, c'est le vainqueur, Marco Olmo, Italie, en 21 heures, 6 minutes et 6 secondes. Il y a déjà un jour qu'il se repose...

Nous y voilà. Je n'oublerai jamais ces deux dames habillées de Channel qui me regardaient comme une bête curieuse! Leur regard en disait long sur leur sentiment: l'incrédulité!

Après l'effort, le réconfort: de la part des amis et de la famille, mais aussi matérialisé par un 'sérieux' panaché (dénomination de la chope à Chamonix).

Voilà, j'ai accompli un rêve qui me tenaillait depuis plus de deux ans. J'ai sacrifié beaucoup de temps à cela, mais j'ai beaucoup reçu en retour. Mes remerciements vont à mon épouse qui doit supporter mes fréquentes absences, à Aurélia qui m'a soutenu par sa présence, à Marc et Martine qui ont été un des innombrables éléments qui ont contribué à la réussite, à Sandrine ' Bisoux' Bec et aux amis des reconnaissances de juillet 2006, aux 900 (!!!) bénévoles présents sur le parcours, par des températures ou ils auraient préférer courir, à l'organisation et en particulier le couple Poletti, aux autorités des communes traversées, aux populations locales, aux spectateurs, à mon ange gardien qui a parfaitement remplit sa mission!

Ces chaussures ont fait plus de trois fois le Tour du Mont-Blanc en deux ans: elles sont cuites. Je les immortalise, elles seront laissées à Chamonix.

Après un bon bain, j'ai dû prendre quelques cachets anti-fièvre: le contrecoup ne s'est pas fait attendre. Cela ne nous empêchera pas de sabler le champagne, puis d'aller manger au restaurant. Mais j'étais content de retrouver un bon lit!
Après l'effort, le réconfort, disais-je: Martine et Marc sablent le champagne avec moi...

... et avec Marie-Jeanne.

La boucle est bouclée!!! Jamais cette phrase n'a eu autant de sens pour moi. La fête est finie, la place se vide, dans quelques jours, il faudra redescendre sur terre!

A bientôt
par Jean-Louis publié dans : running
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Vendredi 8 septembre 2006
Le samedi

Depuis le village et le ravitaillement des Contamines jusqu'à la jolie chapelle de Notre-Dame de la Gorge, il y a 4.2 kilomètres de faux-plat montant avec environ trente mètres de D+. J'y arrive à 00:15, nous avons changé de jour, c'est samedi! Mais nous perdons rien pour attendre: ici débute la 2ème grande difficulté, l'ascension jusqu'à La Balme (n'a rien à voir avec le col franco-suisse de la Balme). Il s'agit de 4,2 km et de 496 mètres de dénivelé positif. Pour le moment, je suis toujours en compagnie de Jean-Pierre. En descendant sur les Contamines, nous avions dépassé Jean Pipart qui progressait assez rapidement. Durant la montée à la Balme, nous avons mis un peu de distance avec Marc. Il m'a dit ressentir sa tendinite. Je n'ai pas de nouvelle de Dominique, ni de Sandrine. Mais je pense que nous sommes encore tous en course. C'est en consultant le classement sur Internet que je constaterai que Dominique ne semble pas avoir pris le départ ou du moins ne pas avoir atteint Voza.

J'arrive au chalet de la Balme (et au prochain ravitaillement) à 01:36, soit avec 20 minutes de retard sur mon plan de marche. Mon retard s'est accentué de 8 minutes. Pas très bon signe, on n'est qu'au début. Nous sommes en effet dans le 34ème km, sur 158! Il faut maintenant grimper jusqu'au Col du Bonhomme: 3,6 km et plus de 600 mètres de D+. Bien qu'il fasse nuit, je peux vous dire que la région est très jolie, les sentiers sont larges et pas trop technique. Ce col à ceci de particulier qu'après l'avoir passé, cela continue de monter: encore 150 mètres de D+ sur environ deux km. Enfin nous arrivons au prochain pointage, au début de la descente, au refuge de la Croix du Bonhomme. Je ne peux pas vous donner de chrono pour cet endroit car l'électronique de l'organisation a lâché. Ce n'est que le début des ennuis techniques... Commence une longue et agréable descente jusqu'à un ravitaillement de plus grande importance, les Chapieux. Seul petit ennui, le chemin est quelque peu boueux. Depuis un moment, j'ai perdu Marc de vue et je crois que Jean-Pierre est devant moi. Bon, pour le moment tout va assez bien. J'arrive aux Chapieux à 04:53. J'ai 45 minutes de retard sur mon timing, mais j'ai toujours 67 minutes de marge sur la barrière horaire (au lieu des 81 prévues). Donc pour le moment, pas de danger immédiat. Par contre, ce qui me contrarie, c'est que chaque fois que j'arrive à un ravitaillement, il n'y plus rien de chaud: pas de soupe, pas de thé. Les précédents ont tout englouti. C'est bien beau de prendre 500 participants de plus, mais alors il faut prévoir plus de subsistance. Après presque dix heures de course dans la nuit et le froid, je n'ai encore rien pu avaler de chaud.

Raison pour ne pas traîner plus. Je repars donc. Mentalement, je me suis préparé des 'micro-buts' à atteindre. Le prochain, c'est le refuge des Mottets, ou j'ai passé une nuit il y a 18 mois environ (voir http://www.jogging-running.com/article-634798.html). Ce tronçon commence par une longue montée, assez régulière, presque toute droite et pour tout dire inintéressante, puisque sur le goudron. Mais ces cinq kilomètres sont 'reposants'. En tous cas c'est moins pénible que le 14 juillet dernier. J'avais fait cette portion sous le soleil et avec une dysenterie... Le prochain pointage est assez éloigné, puisqu'il se fera au Col de la Seigne, à la frontière entre la France et l'Italie. En attendant, nous dépassons le refuge des Mottets et la montée sur le Col commence. C'est au début de cette montée que je rattrape Jean-Pierre. Je ne me rappelle plus bien ou il m'a semé. Il m'apprend qu'il a chuté (dans la descente sur les Chapieux, je crois), qu'il s'est déchiré un ongle et qu'il a dû être soigné. Mais cette blessure lui provoque des élancements qui vont jusqu'au coeur. Au bout que quelques hectomètres, il me dit être au bord de l'hypoglycémie et il sort du chemin pour s'asseoir et récupérer. Je lui demande si je dois rester près de lui, il me dit de continuer. Il y a beaucoup de monde autour de nous, la nuit est assez douce. Je pense que je peux le laisser là sans danger pour lui. Je continue donc mon ascension. C'est à ce moment que je sors mon MP3:  monter au Col de la Seigne, dans une magnifique nuit douce et étoilée en écoutant 'Nights in white Satin': t'as presque envie de pleurer de bonheur! Plus de 600 mètres de D+ plus tard, j'arrive au Col de la Seigne, km 55 de la course. Plus d'un tiers de fait, en 12H37mn11s. J'ai 26 minutes de retard sur mon timing. Ce retard se stabilise, cela signifie que j'ai le rythme adéquat. L'année passé, j'avais passé ce cap 29 minutes plus tôt.

Cette photo a été prise par Sandrine le samedi 27 août 2006 à 07:19; cela devrait donc être durant la montée au Col de la Seigne! C'est l'aube.

Le soleil est levé, la descente sur le refuge Elisabetta commence. Descente facile, pour le moment tout continue à aller pour le mieux. Se sont de charmantes jeunes militaires italiennes qui me servent mes premier aliments chauds depuis le départ: du potage et de la minestrone. Je mange aussi un peu de pain, seulement la mie: sucres lents!!! J'ai 37 minutes de retard sur mon timing: c'est curieux, on dirait que je perds du temps à la descente et que j'en gagne à la montée. Ma marge sur la barrière horaire est de 66 minutes. J'ai perdu une minute! Cette réserve est également stable, c'est bon signe. Si le diesel continue à fonctionner ainsi, pas de problème. J'ai assez confiance, surtout après avoir lu une stat dans UFO démontrant que les personnes serrées par les barrières finissent dans une proportion plus grande que d'autres groupes...

Depuis ce ravitaillement, on suit d'abord le val Véni sur 2 ou 3 km, sur une piste 4*4 rigoureusement plate et droite. C'est assez monotone, mais le décors est grandiose: à droite, le Mont-Fort et le Mont-Percé. A gauche, les glaciers. Enfin, j'arrive au bout du lac Combal, ou plutôt ce qu'il en reste. Il s'agit d'un ancien lac glaciaire qui se transforme peu à peu en zone marécageuse. Commence maintenant la montée sur l'arrête du Mont-Favre: 2 km et 470 mètres de D+. C'est une montée assez pénible. Mais je repense à celle effectuée au même endroit le 14 juillet dernier et aujourd'hui, comparativement, c'est super facile. J'arrive au pointage à 09:47, après 14h46mn36s de course, soit avec 24 minutes de retard sur le plan de marche. J'ai repris 13 minutes. L'année dernière, le contrôleur m'avait dit que j'étais 1111ème à cet endroit. Aujourd'hui, je suis 1908ème. Mais il y a aussi 500 concurrents de plus. Et l'année passée, j'avais un tableau de marche plus rapide: j'ai 55 minutes de retard par rapport à 2005. Depuis cet endroit, c'est plus facile: sur trois km, c'est une succession de plat et de descente, jusqu'au Col Chécrouit. Arrivée à 10:35, toujours avec 24 minutes de retard: je tourne comme une horloge! Ravitaillement, changement de t-shirt, un peu de danse du ventre (la danseuse arrive toujours vers 11 heures) et j'attaque la dernière descente sur Dolonne-Courmayeur: presque 5 km de descente parfois assez casse-pattes, mais toujours dans un paysage enchanteur et avec un beau soleil, mais sans trop de chaleur, ce qui me convient parfaitement.

Assez exotique en plein milieu des Alpes, n'est-ce pas?

Ce sentier est très très poussièreux, il n'a pas plu certainement depuis plusieurs semaines.

"Un voyage de vingt mille lis commence toujours par un premier li" (proverbe chinois).

 A l'entrée de Dolonne, il y a de nouveau des spectateurs, surtout des accompagnants qui guettent avec anxiété l'arrivée de leurs concurrents favoris.

Arrivée à Dolonne, près de Courmayeur. Les traits sont un peu tirés...

C'est moi qui repère en premier Martine: elle n'a pas de nouvelles de Marc depuis quelques heures. Pourvu que rien de fâcheux ne soit arrivé. La veille au soir, après les Contamines, elle est rentrée à Chamonix avec mon fans club, tout ce petit monde à un peu dormi et aux aurores, en route pour Courmayeur par le tunnel. Il est vrai qu'en ce moment de la course, après 16h32mn d'effort, nous ne sommes, à vol d'oiseau, qu'à dix km de Chamonix... Mes supportrices, elles, ont opté pour une excursion Courmayeur-Bertone. Je l'ai croiserai lors de mon ascension de la montagne de la Saxe. Un petit mot sur cet arrêt à Dolonne: il s'agit d'une des trois 'bases de vie', c'est à dire un des lieux ou le service est complet: repas chauds, zone pour dormir, infirmerie, kinés, podologues, médecins, etc. L'accueil est chaleureux, mais l'organisation est un peu à l'italienne. Il manque surtout des tables ou on pourrait poser nos effets. Mais dans l'ensemble, la situation s'est améliorée par rapport à 2005. C'est lorque je m'apprête à partir que je vois Sandrine qui va se doucher. Elle à posé les plaques, victime d'ennuis techniques: sa poche à eau a été crevée par un coup de bâton malheureux d'un autre coureur et elle a passé la nuit avec un gros déficit de liquide. Elle ne se sent plus assez bien pour continuer. Elle m'apprend que Jean à été bloqué par la barrière horaire. Elle n'a pas d'autres nouvelles. Je suppute que Jean-Pierre a peut être abandonné. Toujours sans nouvelles de Marc également, je commence à sentir le vide autour de moi. Je repars vers 12h30. La traversée de Courmayeur puis de Vilair est assez pénible: il fait chaud et elle se passe sur goudron. Enfin, j'arrive sous le couvert de la forêt et la montée de 4 km avec 800 mètres de D+ commence. Environ aux trois quarts du parcours, j'ai la joie de rencontrer les miens (plutôt les 'miennes') qui redescendent à ma rencontre, selon le plan établi.

Je vais d'un bon pas vers le refuge Bertone. Marie-Jeanne trouve que j'ai mauvaise mine, mais je n'en ai pas conscience.

Je n'ai pas revus mes accompagnatrices depuis près de vingt heures et normalement je ne les verrai plus jusqu'à l'arrivée. Ces rencontres dopent et redonnent du courage pour au moins vingt km.

Il y a cohue au refuge Bertone.

J'arrive à Bertone à 14:23 au lieu de 13:52, soit avec 31 minutes de retard sur mon timing. Compte tenu de la durée de l'arrêt à Courmayeur, c'est bon. Depuis Bertone, il faut rejoindre le refuge Bonatti, à 7-8 km de là. Le chemin est très beau, vallonné, en balcon en dessus du val Ferret italien. C'est une région peu construite, assez sauvage et la vue sur le massif du Mont-Blanc est splendide. Cette portion est assez longue et j'ai hâte d'arriver à Arnuva. Dans mon esprit, j'ai zappé Bonatti. Il faut dire que l'année dernière, il n'y avait pas de ravitaillement à cet endroit et que donc il ne s'agissait que d'un point de repère. Cette année, il y un ravitaillement. J'y arrive à 16h15, avec 32 minutes de retard: j'ai encore perdu 1 minute! Après Bonatti, il y a encore 2-3 km sur les 'crêtes' et enfin commence la descente sur Arnuva. Le soleil est toujours de la partie. L'année passée, j'avais eu la pluie dès le déaprt de Courmayeur et cela m'avait sapé le moral. Cette année, bien que je sois seul depuis longtemps, le moral est encore d'acier. Arrivée à Arnuva à 17:50, j'ai maintenant 50 minutes de retard: bizarre. Par rapport à la barrière horaire, j'ai encore 50 minutes de marge. J'ai juré que tant que j'aurais 1 minute de marge, je n'arrêterai pas!!! Je fais un arrêt très rapide à Arnuva et je repars. JE VIENS DE FRANCHIR UN PALIER, CAR JE SUIS DEJA PLUS LOIN QUE L'ANNEE DERNIERE. La prochaine tranche est au refuge Elena, à 2,4 km et 293 mètres plus haut. Toujours et encore, l'endroit est très joli. Mais depuis un moment, nous voyons de menaçant nuages boucher les cols: la pluie ne devrait pas tarder, hélas. C'est en effet a proximité du refuge que je reçois les premières gouttes. Optimiste, je me dis qu'il pleut peut être de ce côté-ci seulement du col. Je passe mon imper et je repars pour le col, cette fois: 2,2 km pour 475 mètres de D+. Il pleut, mais pas de manière soutenue, ce qui évite d'être détrempé. J'atteins le Grand Col Ferret à 19:48, soit avec 45 minutes de retard sur mes prévisions. J'ai donc repris 5 minutes par rapport à Arnuva. C'est parce que je raccourcis la durée des arrêts aux ravitaillements que j'arrive à tenir la barrière horaire en respect. Je suis motivé, mais alors motivé...

Courmayeur 4h30, La Fouly 2h15, y a pas photo.

Je repars du col et je suis en SUIIISSSE! Yes! Si je n'ai pas de problème style entorse ou autre calamité du même acabit, je suis maintenant sûr d'être classé: il faut pour cela atteindre la Fouly à 8,9 km de là. Mais d'abord, il faut passer le ravitaillement de la Peulaz. Il s'agit d'une métairie d'Alpage flanquée d'une buvette. Le ravito est servi à l'intérieur qui est un peu sombre, mais que la chaleur fait du bien, surtout la soupe chaude, une des seules du parcours... Mais la nuit tombe gentiment et j'aimerai atteindre la Fouly avant qu'elle soit bien établie. Le chemin menant du col à la Peulaz était plutôt agréable, même si un peu longuet. Parc contre, la jonction sur la Fouly l'est nettement moins: d'abord sentiers boueux à souhait puis goudron. Mais bon, on avance, on avance. Le préparateur du parcours, un peu sadique, nous fait plusieurs fois traverser une rivière avant d'atteindre la Fouly. Un des ponts de bois est si mal éclairé, en plus mes lunettes sont embuées, que je ne suis pas sûr qu'il s'agisse bien d'un pont. J'attends donc un autre concurrent puis je le suis. Nous entrons à la Fouly. Et la: SURPRISE! Marc, Martine, Aurélia et Marie-Jeanne sont là.

On se les gèle à La Fouly... Il arrive ou quoi?

La bénévole (merci Madame), quelque peu frigorifiée, se demande quand même à quels énergumènes elle a à faire!

Je suis super content, même si cela signifie que Marc a dû s'arrêter à Courmayeur, victime du même ennui technique que l'année dernière. C'est Marc qui a proposé de venir me faire un coucou à La Fouly. Je ne connais pas Marc depuis longtemps, mais suffisamment pour dire: c'est un véritable AMI, comme on en rencontre pas tous les jours! C'est Martine qui a de la chance (mdr)!!! Tout le monde se met à mon service, c'est génial, je gagne quelques minutes: l'un m'apporte ceci, l'autre cela, Marie-Jeanne est rassurée, elle me trouve meilleure mine que durant l'après-midi à Bertone. J'atteins la Fouly à 22:02, avec 61 minutes de retard sur mon plan de marche. Aie, je perds de la marge. Mais j'ai 58 minutes de marge sur la barrière horaire. Cela fait longtemps que la marge n'était pas aussi confortable!

Départ dans la nuit, rendez-vous à Vallorcine!

Il fait maintenant nuit noire, il pleut, il neigeote même, il y a du brouillard et de ce fait, je ne sors pas mon MP3 qui malheureusement n'est pas étanche. Depuis la Fouly, on continue de descendre, jusqu'a Issert, 9-10 km plus loin. Depuis le Grand Col Ferret, on sera descendu de 1482 mètres en 21,4 km (presque un semi-marathon en D-). Le 15 juillet dernier, lors des reconnaissances (voir les articles précédents), j'avais couru cette portion de jour et à l'économie pour ne pas me mettre dans le rouge, rapport à la dysenterie de la veille. Cela m'avait parut beaucoup plus long!  J'arrive à Praz-de-Fort, charmant village quelque peu désert à cette heure avancée, à 23:58, soit avec 53 minutes de retard sur mon horaire. J'ai repris 8 minutes, c'est bien. J'arrive enfin à la jonction de Issert, jonction partant sur la deuxième base de vie: Champex-Lac. Etant donnée que j'y arriverai Dimanche, cela sera le sujet du prochain et dernier article consacré à ce magnifique périple.

A bientôt
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Lundi 4 septembre 2006
Bonjour à tous,

il s'est passé quelques semaines depuis mon dernier article: vacances obligent! Ma dernière intervention date du 11 août. Entre deux se sont passés quelques entraînements et pour terminer Sierre-Zinal le 13 août (alors que j'étais grippé). En effet, 4 ou 5 jours avant SZ, j'ai attrappé une grippe estivale qui m'a fort inquiété, car les symptômes était assez proches de ceux que peuvent donner les piqûres de tiques. Or durant ma préparation, j'ai été plusieurs fois (une dizaine) piqué par ces animaux peu ragoûtants! Heureusement, fausse alerte. Sans quoi mon UTMB était KO d'entrée, après deux ans de préparation.

Enfin le départ: 23 août 2006, nous partons de Marin-Epagnier pour quatre heures de voyage en train, jusqu'à Chamonix et sans soucis de bouchons! Nous arrivons donc sur place en fin de matinée et immédiatement nous prenons possession de notre logement dans le joli hôtel que nous avons choisi pour notre séjour.

Mon hôtel est à proximité du lieu de départ, encore désert en ce moment.

Un petit saut au Bartavel (un des seuls endroits de Chamonix faisant des pâtes correctes) et nous partons pour une petite excursion jusqu'aux Gaillands: il est clair que je vais éviter les erreurs de l'année dernière, c'est à dire supprimer les 'bigs' excusions du style Chamonix-Les Houches-Voza et retour!!!

Le soir venu, nous retrouvons un copain venu de Belgique et que j'ai connu lors des reconnaissances des 14-15-16 juillet dernier (voir les articles précédents). Nous faisons connaissances avec son épouse et nous allons prendre notre repas du soir, des pâtes, 'of course'.

Les amis belges: Martine et Marc.

 Le jeudi matin, nous nous présentons à dix heures à la remise des dossards.
Nous avons bien fait de venir tôt, il y a déjà une bonne file. Mais l'organisation étant meilleure que l'année dernière, notamment en ce qui concerne la place à disposition, tout se passe assez rapidement: contrôle du matériel obligatoire, réception du dossard. Nous visitons les stands, certains ne sont pas encore installés. A la sortie, il pleut: c'est toujours ce qui ne nous tombera pas dessus pendant la course!

La zone de distribution des dossards, à la patinoire. Il y a déjà beaucoup de concurrents, mais ils sont deriière la barrière qui se trouve tout à gauche de la photo.

Les journées se passent tranquillement, cool. Le lendemain à 16 heures 30, nous retournons au même endroit pour cette fois déposer nos sacs de rechange pour Courmayeur et Champex. Personnellement, je suis assez anxieux. Avant même le départ, je me sens déjà fatigué. Sans doute s'agit-il de séquelles de la grippe de la semaine précédente. Cela m'inquiète et je décide de demander un produit à la pharmacie pour m'aider à surmonter cette fatigue: c'est qu'il faudra supporter deux nuits consécutives sans dormir!

La veille du départ, on piaffe d'impatience au bistrot...

... et sur les terrasse!


Une admiratrice! (parmi d'autres...)

L'endroit se prête bien à une petite prière! Les personnes à l'arrière (amis, parents, touristes) semblent être au moins autant anxieux que nous!

Que de monde! Il paraît que la manifestation attirent 10'000 personnes dans la région!


De gauche à droite, Marc de Belgique, Jean-Pierre Foucault de Marseille et moi-même, sur le lieu de départ.

Mon 'fans-club' juste avant le départ. A la fin de la course, ses effectifs auront doublé, vous saurez plus tard pourquoi.

Enfin c'est le départ, il fait beau temps. Ne pas partir avec les pieds mouillés, quel bonheur. Le premier tronçon se passe de jour, la plupart du temps le long de l'Arve (qui prend sa source sur les pentes de Balme et se jette dans le Rhône à Genève). Le chemin est très agréable, vallonné (un peu) et déjà il y a un peu de dénivelé (voir ci-dessous; pour mieux voir, allez sur le site de l'UTMB).

Vous verrez une vidéo du départ en cliquant ici.



Juste après le départ, Sandrine rayonnante parmi un groupe d'amis.

Comme nous tous, Sandrine est émue, le départ, c'est une délivrance.

Quelques kilomètres  après le départ, les mines sont graves! Plus que 154 kilomètres... Avec le dossard 1457, Jean-Pierre Foucault, de Marseille, peu chère! Avec le dossard 2776, Christian Loye arrivé à Chamonix en 41h13m55s.

Arrivée aux Houches, la nuit va bientôt être là.

Au village des Houches, c'est déjà le premier ravitaillement, il y a beaucoup de monde, on secoue des cloches de vaches à tout va. Quand l'ambiance est bonne, bonne, bonne. Actuellement, je courre avec Jean-Pierre, je viens de perdre de vue Marc, et du coup je loupe mes supportrices. Elles devront attendre les Contamines pour me voir quelques instants. Après ces huit kilomètres faciles, le premier col, la première vraie difficulté sur la dizaine que compte le parcours. Techniquement, la montée est facile: larges chemin, pente pas trop accentuée. Une bonne mise en bouche, quoi. Le coucher de soleil est très beau, pas autant que celui de l'année passée (voir ici) qui au dire des indigènes était exceptionnel. J'arrive au col de Voza à 21:16, soit avec 14 minutes d'avance sur mon tableau de marche (vous pouvez le télécharger ici).

En montant au Col de Voza.

Je suis toujours en compagnie de Jean-Pierre, mais depuis les Houches, nous n'avons pas revu Marc. Cela m'inquiète un peu, car je l'estime plus rapide que moi et il semble être derrière. Mais bon, parmi cette foule, il n'est pas facile de se retrouver et de plus la nuit est maintenant tombée. Nous nous ravitaillons un peu et je change de t-shirt. J'enfile aussi mon coupe-vent. Pour le moment, tout va bien.

Nous amorçons la descente sur les Contamines. La aussi, les chemins sont agréables. Finalement, nous retrouvons Marc durant la descente. Je suis rassuré. Car même si la course à pied est un sport d'individualistes en troupeau, nous comptons bien rallier ensemble l'arrivée! Après le lieu dit le Champelet, cela se gâte un peu: le chemin est étroit (une seule personne de front), très sombre car sous le couvert forestier, et nous voila obligé de marcher une vingtaine de minutes. Nous sommes bloqués par les personnes qui n'ont jamais couru la nuit et qui ont un peu peur. Bientôt, nous retrouvons un chemin plus large et nous arrivons aux Contamines ou l'acceuil à nouveau est délirant. Je retrouve mon épouse, ma fille et Martine, l'épouse et les enfants de Jean-Pierre. Pour le moment, tout va pour le mieux. Nous avons déjà (!) fait 25 km et 1205 mètres de D+ (presque autant de D-). Seule ombre: j'ai maintenant 12 minutes de retard: cela correspond au temps perdu en descendant sur les Contamines. Ici aussi, ravitaillement express, changement d'habits (nous refilons les anciens à nos 'coachs' respectifs et en route pour le prochain pointage, Note Dame de la Gorge. Mais comme j'y arriverai samedi, cela sera pour le prochain article!

Il fait maintenant nuit noire, les lampes frontales sont activée, l'équipement est ajusté, on peut affronter cette première nuit (ravitaillement des Contamines.)

A bientôt
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Vendredi 11 août 2006
Bonjour,

heureusement que personne ne compte sur mon plan pour terminer l'UTMB 2006 (lol)... Car j'ai un peu de retard... Voici donc les quatre dernières semaines:

Semaine 7

 

Séance

 

1

1h vélo relax ou repos ou natation

2

1h vélo relax ou natation

3

50' endurance + 10 lignes droites
(bien mesurer les sensations)

4

4 heures rendo-trail avec dominante marche
(3h + 1h), dénivelé faible

 

Au total: 7h00


Semaine 8

 

Séance

 

1

1h30 vélo ou VTT

2

Dominante seuil avec 30' endurance + 25' en côte
avec bâtons au seuil + descente lente et relax

3

2 heures rendo-trail avec dominante course
dénivelé 1000 m+ maximum

4

2 heures rendo-trail avec dominante course
dénivelé 1000 m+ maximum

5

1h30 vélo ou VTT relax sans dénivellé
(optionnelle)

 

Au total: 7h00 à 8h30


On commence à lever le pied de la pédale des gazs...

Semaine 9

 

Séance

 

1

1h00 endurance relax sans dénivelé

2

Dominante seuil avec 20' endurance + 20' sur le
plat au seuil + 5' relax

3

1h00 vélo ou VTT relax sans dénivellé

4

1h00 endurance relax sans dénivelé

 

Au total: 4h00


Et enfin

 

 

Séance 10

 

1

15' relax + 3*400 mètres allure marathon

2

15' relax + 2*400 mètres allure marathon

3

Du 25 ou 27 août 2006: UTMB 2006

 

Au total: ????


J'en suis actuellement à la séance 4 de la semaine 8. Elle consistera, dimanche prochain, à relier Sierre à Zinal, dans la catégorie marcheurs. La météo annonce la neige...

A bientôt



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Mardi 1 août 2006
Bonjour,

après une nuit encore une fois assez courte, nous nous retrouvons le lendemain pour un
frugal petit déjeuner. Malgré cela, nous partons dans la bonne humeur et par une météo, une fois de plus, fantastique. Nous sortons de Champex et marchons quelques centaines de
mètres 'au plat'. Puis commence la longue montée sur Bovine. J'avais déjà fait ce parcours,
mais dans l'autre sens (Col de la Forclaz/Champex/La Fouly) et mon souvenir était que cette
pente était plus chaotique encore. Mais cela ne me rassure pas pour autant, car durant l'UTMB, je serai à cette endroit après 34 heures de course et il fera nuit!

Après une grimpée de plus de 600 mètres D+, dans un paysage agréable, nous arrivons dans une zone de brouillard ou paissent des vaches de la race d'Hérens. Sandrine, toujours conviviale, ne manque pas d'aller leur faire un petit coucou!

Bonjour, fière valaisanne!

Avec Sandrine, nous faisons une petite pause sur la terrasse de la métairie en attendant Jean. Puis, nous montons encore deux ou 300 mètres avant de passet le petit col Portalo. Commence alors une assez longue descente sur le col de la Forclaz. Nikolas est présent à cet endroit. Afin de ne pas répéter l'erreur de l'avant veille, j'achète un club-sandwich au magasin du col, que je partage avec mon équipière du jour. Un petit coca par la dessus, le manque du petit déjeuner est comblé! Depuis le col, nous descendons sur Trient.
Deux cent mètres plus bas: Trient.

A Trient, nous pétouillons un peu pour trouver le bon chemin, mais tout rentre très vite dans l'ordre.
Puis vient l'attaque de la dernière grande difficulté du parcours: la montée jusqu'aux Tseppes : 750 mètres de D+ en 4 km.
En montant sur les Tseppes.

Dans les environs de Catogne, le paysage est magnifique. Bientôt, nous arrivons aux Esserts
et nous passons la frontière sans même s'en apercevoir. Nous voici donc de retour en France.
Le cheval commence à sentir l'écurie. Mais le chemin est encore long!

Le barrage d'Emosson.
La descente depuis les Esserts à Vallorcine n'est pas des plus intéressante. Dans la forêt,
certes, mais sur une piste de ski (ou de 4x4 suivant la saison), c'est à dire sur des cailloux tous plus pointus les uns que les autres. Si je me rappelle bien, nous arrivons à Vallorcine vers 14 heures. Sandrine décide de s'arrêter là. Ce qui fait que si je continue, je serais le dernier en piste (ce qui ne me gène pas outre mesure). Marc a au moins une demi-heure d'avance sur moi, Marmotte qui commence de courir à Vallorcine avec Stéphane RaidLight est également déjà parti.
Si je continue, cela va me prendre encore 4 bonnes heures jusqu'à Chamonix, cela me mettra à 18 heures. Les premiers risquent de s'impatienter. Comme il n'y a pas assez de place dans la voiture balai, je fais donc les derniers km en train, après avoir bu une bonne bière sur la terrasse de la gare. C'est tout ce que j'aurais vu de Vallorcine!
Quand j'arrive sur la place de l'Amitié, je vois que j'ai eu raison de prendre le train: Marmotte (à gauche) est déjà là depuis un bon moment (son verre est vide (mdr)), en compagnie de
Jean-Pierre.

Stéphane et Jérôme  (un crack) sont  aussi là.  La pluie ne va pas tarder, pour la première fois depuis que nous sommes partis avant hier. Le soir avant le départ (14 juillet), il pleuvait aussi. La boucle est bouclée...

 Dernière photo avant de se quitter: Philippe Vaillant (un crack aussi, pas de jaloux), Jean-Pierre Foucault (si,si) et Sandrine Bec, la G.O.

Un grand merci à tous pour ces beaux moments partagés et à bientôt, pour les choses
sérieuses.

A bientôt

Jean-Louis
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