Rémunération de l'auteur

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Concours

Vendredi 1 août 2008
Bonjour,

De retour de vacances, je dois vous relater le trail que j'ai disputé les 12 et 13 juillet derniers dans la vallée 'Valdigne' et sur les sommets qui l'entourent, dans le val d'Aoste (Massif du Mont-Blanc, côté italien). L'année dernière, j'avais déjà fais une tentative sur ce tracé. Victime de maux d'estomac, j'avais du arrêter après Pré-St-Didier, en étant classé toutefois. Cette fois, pour être classé, il fallait accomplir le tour complet, soit les 87 km avec 5'100 mètres de D+. Mais cette année, j'avais la ferme intention de terminer et j'ai pris certaines précautions que je vous préciserais par la suite.

Tout d'abord, un peu de géographie, pour situer ce lieu enchanteur, plutôt méconnu chez nous, alors que si proche et qui plus est, francophone, du moins en partie. La vallée 'Valdigne' fait partie du massif du Mont-Blanc. Elle se trouve sur le côté italien, au nord ouest de la province autonome du Val d'Aoste. Le portail italien du tunnel du Mont-Blanc s'y trouve et elle est limitrophe de la Suisse, respectivement du canton du Valais. Elle est formée de cinq communes, toutes plus enchanteresses les une que les autres. Pour ne pas faire de jaloux, je les cite par ordre alphabétique: Courmayeur, Morgex, La Salle, La Thuile et Pré-St-Didier.

Le 10 juillet, nous nous mettons donc en route pour Courmayeur. La météo est splendide, nous faisons le trajet Marin-Courmayeur en environ 4 heures, y compris une pause café au relais du Chablais. La circulation n'est pas trop importante et le trafic est fluide. Nous passons le tunnel du Mont-Blanc sans attendre, et l'après-midi déjà nous pouvons profiter de la jolie petite ville de Courmayeur, qui est un mini Chamonix, mais avec beaucoup moins de sportifs, cependant. C'est plutôt St-Trop à la montagne...

La maison des guides de Courmayeur. Le ciel est bleu, bleu, bleu...

Le soir encore, le ciel est sans taches.

Le lendemain, la météo change un peu, mais cela n'est pas encore grave. La tendance suit pourtant les prévisions météo que je suis depuis une dizaine de jours. Selon les météorologues, on ne devrait pas avoir le 'grand beau' pour la course...

Tient, des nuages

Nos amis belges et français nous ont rejoint. La bande est presque au complet, manquent Pierre Joye et Joël Meewis. Je reverrai ces deux derniers dans quelques semaines du côté de Chamonix...

Présentation des 4 traileurs qui prendront le départ:

De gauche à droite:
Marc Hoste, de Profonsart, Belgique. Premier de sa catégorie en 2007.
Sébastien Le Drogo, de Paris, première participation à cette épreuve.
François Borceux, de Bruxelles,
première participation à cette épreuve.
Jean-Louis Rochat, de Marin-Epagnier, Suisse, deuxième
participation à cette épreuve.

Le matin de la course, nous nous retrouvons à 09h15 sur la place de l'église. Il pleut...

Si j'avais prévu la suite, c'est sûr que j'aurais pris mon parapluie avec...

Après l'enregistrement de la puce électronique, nous nous réfugions sous les porches qui bordent la place de l'Ange, lieu du départ. Parmi les quelque 700 concurrents (guichets fermés) qui s'apprêtent à en découdre, bien peu ne sont pas de bonne humeur. Tout au plus, certains intériosent-ils plus que d'autres ce qui les attends... Parfois, mieux vaut ne pas savoir, la suite en sera la preuve évidente, en tous cas pour ce qui me concerne!

Concentration maximum.

Le départ se fait sous une petite pluie fine. Nous faisons un petit tour dans la localité, puis assez rapidement, nous prenons le chemin qui nous mène d'abord sur les hauteurs de la ville puis dans la forêt, à l'assaut du Col Licony. Assez rapidement, nous pouvons enlever nos impers. Finalement, la petite fraîcheur du départ nous évitera d'avoir trop chaud d'emblée, car cette première montée est rude: 1'446 mètres de D+ pour 8 km de chemin! A peu près à mi-côte, premier contrôle et premier ravitaillement liquide. Nous avons du courage, certes, mais au moins nous bougeons et luttons ainsi contre le froid. Ce qui n'est pas le cas des bénévoles. D'ores et déjà, qu'ils soient remerciés ici.

Juste avant d'arriver à ce ravitaillement. On a déjà fait un bel effort (en bas, Courmayeur).

Même la presse est déjà là!

Marc fait prendre un peu d'exercice au personnel, qui ne doit pas prendre froid!

Il est temps que vous rendiez compte du dénivelé que l'on doit affronter pendant cette expédition!

Nous sommes donc en ce moment à mi-chemin entre Courmayeur et le col Licony (altitude 2676 mètres).

Plus haut, on a plus du tout l'impression d'être à mi juillet!!!

Me voici au sommet et Marc me suit de près. Il est 12h24m.

Le lac Licony en 2008.

L'année passée, il faisait dix à 15 degrés de plus. Les photos visibles sur ce lien et celui-ci vous montreront une autre vue du lac Licony! Pour courir, je préfère le 'frais', surtout qu'en ce moment, il ne pleut pas. Mais on a vu moins de jolies filles court vêtues! Nous sommes montés de 1446 mètres, et bien nous allons redescendre de 1001 mètres! C'est ça le trail en haute-moyenne montagne! Une partie de cette étape est très roulante, sur un sentier en balcon, ceux que je préfère. Il y a une immense variété de fleurs alpines, je n'en n'ai jamais vu autant, ni au point de vue de la variété ni de la quantité. A la fin de cette étape, on montera encore d'une centaine de mètres pour atteindre le premier ravitaillement 'sérieux' (et le deuxième contrôle), Planaval. A ce moment de la journée, le ciel est assez ensoleillé, avec quelques passages nuageux. Je suis optimiste pour la suite: une température douce avec un peu de soleil, ce sont des condition idéales pour moi. Malheureusement, cela ne durera pas!
Nous arrivons à Planaval (il est 14h23), notre staff technique (au milieu de la photo) ne nous a pas encore remarqué...

Le petit hameau de Planaval ou nous attend un ravitaillement solide bienvenu.

Déjà des cloques? Merci au staff technique (ici Catherine) sans qui tout serait encore plus difficile!

Staff technique et coaching, suite: Caroline (une UTMBiste!) et Marie-Jeanne.

Staff technique et coaching, fin: à droite Martine, marathonienne.

Sébastien, qui à comme toujours de l'avance sur nous repart de Planaval, ou il était arrivé à 13h44m.

Nous repartons à notre tour, Marc m'indique le chemin qui a été modifié (rallongé) depuis l'année dernière!

Le beau val de Planaval!

Et pendant ce temps...

...

...

... la croisière s'amuse!

Nous repartons de Planaval pour la troisième étape qui va nous mener au Col du Bard, en passant par la 'Testa Fetita', soit une distance de 15 km pour 873 mètres de D+ et 447 mètres de D-.

Ravitaillement liquide et contrôle à la vallée des Ors (ours).

Pour arriver sur la pointe Fetita (2'623 mètres), c'est tout simple: suivez simplement les petits fanions rouge. Au centre de la photo, le bénévole-commissaire de course a sorti son poncho bleu, il essuie sont troisième orage de la journée!!! Il est 16h36.

La pointe Fetita et son bénévole!

La pluie s'installe à nouveau. Le tonnerre gronde, mais heureusement, pas au dessus de nos têtes. Il se cantonne pour le moment de l'autre côté de la vallée.
Après le col du Bard (que l'on passe sans s'en rendre compte), s'ensuit une assez longue descente de 11 km et de 1226 mètres de D-, jusqu'à la petite ville de Morgex. Entre deux, on a encore traversé un minuscule hameau superbement rénové, Fenêtre, désert cette année, alors que l'année dernière quelques personnes nous encourageaient à cet endroit.

Il n'est que 18:47, on a pourtant l'impression qu'il fait presque nuit!

C'est sûr, la météo n'est pas trop clémente, mais comme disait l'autre, cela pourrait être pire. L'adage se vérifiera dans les heures qui vont suivrent. Avant d'arriver à Morgex, petite halte au contrôle de La Salle.

La Salle, arrivée de François à 16:06; il à l'air très souriant!

Sébastien est en 2ème position, il est 16:59.

Me voila à mon tour, en même temps que Marc. Car 'cheminer à deux permet d'aller plus loin' (Platon, pour Sébastien)! Il est 18:26.

On est vraiment très très mouillé!

Un dernier pour la route et on y va!

Tous ces noms de lieux français en Italie, cela a de quoi surprendre ceux qui ne connaissent pas la région!  Six km après la Salle, nous arrivons à Morgex, altitude 939 mètres (alors que le départ de Courmayeur se trouvait à 1224 mètres...), et nous avons fait 44 km. Tient, cela fait plus que la moitié de la distance et certainement aussi plus que la moitié du dénivelé. Notre assistance est de nouveau présente. Je me change un peu, car je compte faire un changement complet de mon équipement à Pré-St-Didier, avant d'attaquer la nuit et la deuxième partie du parcours. Encore un peu de ravitaillement solide et on repart, il est environ 20 heures.


Si on donnait de la bière jadis aux nourrices pour favoriser la montée de lait, je ne vois pas pourquoi serait néfaste à un coureur pour la montée d'Arpy!


Il y a des sucres lents dans le pain bis!

Pendant que je rédige cet article, je reçois une cybercarte de Marc et Martine, à l'occasion de notre fête nationale; je ne peux m'empêcher de vous en faire profiter aussi:

L'étape suivante est une transition. On traverse la vallée de 'Valdigne' pour rejoindre Pré-St-Didier. Dans ce très joli village, il y a un dernier contrôle et ravitaillement liquide avant d'affronter la prochaine montée sur le Col de la Croix. Nous arrivons à Pré-St-Didier à 21:05. Pour la première fois de la journée, je me change complètement. Au fil des courses et des années, je me change de moins en moins, ce qui permet d'alléger le sac à dos et donc de progresser plus vite. De plus, nous restons moins longtemps aux haltes. Ma seule erreur tactique de toute la course, c'est ici que je la fait: mes chaussures sont détrempées et je les change pour d'autres, à la semelle nettement moins crantée. Je me dis qu'on a fait le plus dur et que ces souliers là iront très bien pour terminer, d'autant plus que je les ai testées sur le Défi du Val-de-Travers, à ma grande satisfaction. Ce que je ne sais pas encore, c'est que la deuxième partie comprend de grandes traversées de pâturages qui ont détrempés par les orages dont je parlais plus haut et qui le seront encore plus au fur et à mesure de l'avancée de la nuit, car il pleuvra abondamment jusqu'au col de l'Arp! C'est ici que j'ai du arrêter l'année passée, à cause de problèmes d'estomac. Cette année, autant moi que Marc sommes en forme et nous sommes optimistes. Par ailleurs, c'est le moment de parler des 'précautions' prises par rapport à l'année dernière: pour l'estomac, je me suis procuré en pharmacie un produit homéopathique à prendre toutes les heure et à faire fondre sous la langue. Effet placebo ou non, j'en sais rien et seul compte le résultat, étant entendu qu'il ne s'agit pas de produit dopant ou assimilé.  Pour prévenir les crampes (voir article précédent), j'ai fais une petite cure de magnésium avant la course et j'ai prêté une attention particulière à bien m'alimenter en boisson, avant et pendant la course. Ce trail sera le 2ème de suite que je terminerai sans aucune cloque. La recette de Sébastien est vraiment super: il faut se tartiner les pied (lui tartine également l'intérieur de ses chaussures) de pommade anti frottements (NOK). Résultat garanti!

Arrivée à Pré-St-Didier.

Changement complet de tenue, vivement du sec, même si c'est provisoire.

On est prêt; la course commence véritablement ici!

Un dernier petit coucou et ...

... nous voilà reparti pour une longue nuit! Il est environ 21:30.

A partir de maintenant jusqu'au lendemain, plus de photos. D'une part parce qu'il fait nuit et aussi à cause de la pluie, mon petit appareil n'étant pas étanche.

Nous repartons pour la première partie de la montée qui va nous conduire à Arpy. Il n'y a que 6 km, mais cela me semble bien plus long. Il est vrai que nous sommes en route depuis plus de 13 heures... Le chemin est raide, à travers la forêt et nos frontales sont allumées depuis un bon moment. Nous sommes de plus en plus seuls. Un partie du trajet se met en faux plat montant, sur de l'asphalte: vu les conditions météo, c'est plutôt reposant! 631 mètres plus haut, nous arrivons à Arpy, petit village haut perché, complètement désert, à part le restaurant qui nous sert de contrôle et de ravitaillement liquide. Il est 23h16. Là, nous rencontrons un couple de Crassier (canton de Vaud) que j'ai vu le matin même à mon hôtel et qui avait eu la même idée que nous... Malheureusement, monsieur avait les mêmes problèmes que moi l'année précédente (estomac) et devait s'arrêter. Dommage pour madame, qui avait encore l'air toute pimpante, mais on abandonne pas sa moitié en chemin, n'est-ce pas?

Nous repartons de Arpy pour la 2ème partie de la montée sur le col de la Croix: 7 km et 711 de D+. Nous arrivons au Col vers 1 heure 30 du matin, je pense. Pour la première fois depuis le départ, nous avons un peu froid. Aussi, nous prenons rapidement la direction de la descente sur le dernier gros ravitaillement-contrôle: La Thuile. Du col jusqu'a cette localité, il y a 5 km et 940 mètres de D-. Et c'est là que commence mon calvaire: le terrain n'est plus autant rocailleux que précédemment, le chemin étroit traverse des pâturages détrempé par la pluie incessante qui tombe depuis plus d'un jour maintenant. Les quelques centaines de concurrents qui nous précèdent ont 'défoncé' ce sentier. Si bien que nous avançons dans une véritable crème de chocolat, vous savez, une bonne Stalden. A moins que cela soit du savon noir, si cher à Guy Lux! Quoi qu'il en soit, le résultat est pareil: soudainement, zip, je glisse et je me retrouve sur les fesses, dans la gadoue. Merde, alors, mon leggings tout propre avec lequel je comptais rallier l'arrivée! Quelques hectomètres plus loin, re-chute. Jusqu'à la Thuile, je tombe cinq ou six fois. Je me rends compte que si ces chaussures étaient super au Val-de-Travers, sur terrain sec, elle ne sont pas adaptées au terrain mouillé. Et pourtant, elles sont vendues sous le label 'Trail'. Voilà l'erreur tactique dont je parlais plus haut... La moutarde me monte au nez et je gueule un peu! Je dis même que je vais m'arrêter à La Thuile... où nous arrivons à 2:41. Entre deux, mon irritation est retombée et je commence à me changer (ma montre, mes lunettes, tout est crotté...). Marc me regarde d'un air surpris de me voir me dépêcher et d'oeuvrer avec méthode afin de perdre le moins de temps possible! Il me le dira plus tard, il avait en for intérieur également une forte envie de s'arrêter, car il avait à ce moment là un fort passage à vide! A cause de ce mauvais temps, nous avons bien perdu 60 minutes dans ces derniers postes de ravitaillement. Mais enfin, nous repartons pour la dernière montée.

Avant dernière étape, de la Thuile au col de l'Arp: 10 km, avec un D+ de 1130 mètres. La nuit est toujours là, il pleut toujours. Le froid s'intensifie et on le ressent d'autant plus que la fatigue est là. Je me surprends à bailler 2 ou 3 fois dans cette montée. Après 5 km, nous arrivons à Youlaz, petit hameau désertique ou se trouve un contrôle-ravitaillement liquide. Nous ne traînons pas et continuons. Nous avons de plus en plus froid, à cause du vent qui souffle sur nos mains mouillées. Mes doigts se figent, comme quand on joue trop longtemps avec la neige sans porter de gants. Je dois souffler dans mes doigts pour supporter le désagrément. Marc aussi à froid aux mains. Moi, je commence aussi à avoir froid aux pieds. J'apprends de cela que pour la nuit les gants de cycliste peuvent ne pas suffire, même au mois de juillet... nous sommes de plus en plus fatigué et avons un peu de peine à monter. Dans ces cas, ma tactique consiste à marcher 500 mètres puis à m'arrêter une dizaine de secondes pour reprendre mon souffle. Marc s'y met aussi, mais il me dira plus tard que c'était plutôt en raison de maux d'estomac naissants.
Nous arrivons au col de l'Arp (2571 mètres) vers 7 heure du matin, je pense Il y a du brouillard, il neige presque. Le jour s'est levé, nous passons rapidement le col afin d'échapper au vent.

L'état des chemins, depuis hier au soir. Celui-ci, protégé par le couvert des arbres est encore en bon état!

Il nous reste 10 km à faire, dix kilomètres de descente. Le début est plutôt rocailleux et se passe pas trop mal. Puis cela recommence: je vais me retrouver à nouveau 3 ou 4 fois les fers en l'air en traversant les pâturages. Enfin, nous arrivons dans la forêt et les aiguilles d'épineux ont absorbé la flotte. Les 3-4 derniers kilomètres se feront sans chute (Marc n'est pas tombé une seule fois!). Heureusement, ces glissades ont toujours eu lieu en des endroits peu risqués, mais une torsion de cheville peut aussi arriver sur le plat!

A 8h33m45s, nous passons enfin la ligne d'arrivée. Depuis quelques km, le soleil est réapparu et nous avons fait 22h33m45s pour faire le tour! Nous terminons avec une marge de 2h26m15s. Seule (petite)déception: nous aurions voulu faire mieux que le chrono de Marc de 2007 (21:40:42). Les kilomètres et dénivelée supplémentaires du parcours 2008 et surtout la météo en auront décidé autrement. L'année passée, un petit orchestre nous attendait juste à l'entrée de Dolonne. Cette année, rien: la météo, sans doute.

A l'arrivée, au sourire des bénévoles...

... répond celui de Marc!

On l'a fait, on est super content!

En plus, on est arrivé assez tôt pour prendre notre petit déjeuner à l'hôtel. Puis nous allons à la remise des prix.

Un groupe folklorique de la vallée fait partie de la cérémonie. Dans la région, les traditions sont encore vivaces, à notre grande joie.

Dans l'assistance, les paupières se font lourdes!

La pression monte...

Oui, il l'a fait: Marc est sur le podium pour la deuxième fois en deux participations. C'est un score quasiment olympique!

Et notre beau week-end se termine ce treize juillet, autour d'un verre de l'amitié!

François, Sébastien et Marc se joignent à moi pour remercier nos conjointes, Catherine, Caroline, Martine et Marie-Jeanne, qui sont à la foi nos meilleures supportrices, notre aide technique et psychologique, tout au long de ce parcours.

Merci aussi aux organisateurs, aux bénévoles, aux communes de la 'Valdigne' et à tous ceux qui ont oeuvrés pour faire de cette course un événement inoubliable.

A bientôt.

P.S.: merci à Martine pour ses photos.
Par Jean-Louis - Publié dans : running
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Dimanche 29 juin 2008
Bonjour à tous,

le 21 juin 2008, j'ai donc couru le Défi du Val-de-Travers, pour la première fois. En fait, je m'étais déjà inscrit en 2004, mais la course avat été avortée en raison des intempéries. Cette fois-ci, c'est en compagnie de Sébastien Le Drogo que je m'élance. Nos épouses et compagnes respectives s'occupent de l'assistance. Mais commençons par le commencement.

Vendredi 20 juin.
Les parisiens arrivent aujourd'hui par le train TGV de 11h57. Suite à une avarie au niveau de la caténaire, ils débarquent finalement vers 12h30, ils ont dû passer par la ligne de Vallorbe. Nous planquons les bagages en consigne, puis nous desacendons en ville pour y prendre le repas de midi.
Descente en ville.
 
Sur l'affiche ci-dessous, le Creux-du-Van ou nous passerons demain durant la course; le commentaire est évidemment une allusion à l'Euro 2008 qui se déroule en ce moment.


Des pâtes s'imposent, c'est pourquoi, j'ai choisi un restaurant spécialisé dans cette 'spécialité'. Nous choisissons tout trois des spaghettis bolognaise. C'est la seule chose que je n'ai plus, répond la serveuse. Ca commence bien...

Le bistrot est un peu décati et le personnel pas trop acceuillant...

Au moment de payer, la carte de crédit n'est pas acceptée, il faut aller retirer du cash à la banque du coin. Quel acceuil!!! C'est la première fois que je viens ici et assurément aussi la dernière...

Nous reprenons la route en direction du port de Neuchâtel, j'ai organisé une petite croisière sur le lac, histoire de meubler l'après-midi. Neuchâtel-Portalban et retour, un peu plus d'une heure dans la fraîcheur relative du lac. Car au soleil, il fait 30 degrés...

Rive sud du lac de Neuchâtel

De l'autre côté, Neuchâtel et la chaîne du Jura.

Parisiens en vadrouille!

Même si il y a de l'air sur le lac, il fait vraiment chaud, environ 30 degrés.

Après une bonne heure de bateau, nous reprenons le chemin de la gare de Neuchâtel, nous récupérons les bagages et nous prenons le train régional pour le Val-de-Travers.

Nous voilà au centre sportif de Couvet.

Nous allons prendre ce qui sera notre logement pour la nuit prochaine.

Caroline fait le tour du propriétaire. Douche, WC, rien ne manque. L'inspectrice est satisfaite! Elle est même surprise de la qualité des infrastructures.

Ensuite, nous allons prendre un verre en attendant l'ouverture de la remise des dossards.

Le petit salon du restaurant du centre sportif, surplombant la piscine couverte. Charmant!

Consultation de la doc de courses futures... avant même d'avoir commencé celle de demain!

Devant le drapeau, on reste sérieux!

Pensif, l'ami Sébastien!

Le centre sportif est situé en bordure du village de Couvet, en pleine campagne.

Qu'elle super idée que d'être venu se mettre au vert, dans l'air pur de la campagne. Et maintenant, c'est l'heure de la pasta-party.

Une grande partie du bénévolat est le fait de seniors, ce mélange des générations fait plaisir à voir.

Deuxième tournée!


Après le repas, petite promenade digestive le long de l'Areuse. Je donne quelques explications à Séba, histoire de me rassurer moi-même...



Le soleil se couche, il est temps d'en faire autant,,,

... mais le mieux est encore de prépaper le matos pour demain!

Et voilà le jour J. Il fait beau et déjà chaud dehors! Après toutes ces semaines de mauvais temps, tu parles d'une chance!

Quand faut y aller, faut y aller!

Tout mon public est là (Jean-Louiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis), on peut y aller!

C'est parti! Dans 9 heures 57 minutes 8 secondes et trois dixièmes, Sébastien franchira la ligne d'arrivée!
Pour ma part, il me faudra 11 heures cinquante minutes 15 secondes et 4 dixièmes pour effectuer le même trajet. Il est vrai que ce jeunet affiche une quinzaine d'années de moins que moi au compteur!

Ni Sébastien ni moi n'avons emporté d'appareil photo pendant la course. C'est déjà bien assez dur comme cela! Sur la prochaine image (toutes les photos sont de Caroline), nous voyons donc Séb arriver au premier 'gros' ravitaillement, dans les forêts de Môtiers, si chères à Jean-Jacques Rousseau. A ce moment de la course, nous avons fait environ 29 kilomètres et plus ou moins 700 mètres de dénivelée positive. Pour le moment, ce n'est que du plaisir: température relativement fraîche, 10 premiers kilomètres au plat le long de la rivière, petite montée dans la forêt jusqu'au Soliat et descente sur Môtiers: c'est vraiment tranquille! Que du bonheur. La preuve! On a vu un type qui courait pieds nus (sur un trail de moyenne montagne, quand même) et un autre en combinaison de plongée noire, avec des gants!!! Un peu fada, les sportifs? Peu chère... A part ça, jusque là, rien de spécial sur les chemins jurassiens, des bouquetins, des vaches, quelques éléphants...


A propos, j'ai vu un photographe 'pro' qui nous prenait au Soliat, mais je n'ai pas son adresse, si quelqu'un peu me renseigner...

Sébastien arrive à Môtiers...

... il reprend des forces...

... et une vingtaine de minutes plus tard, c'est à mon tour d'arriver.

Nous avons déjà vaincu la première grande difficulté du parcours. Au point de vue km/effort, j'estime avoir fait le quart de l'épreuve. Un changement rapide de tenue, un ravitaillement, un brin de causette et c'est reparti mon quiqui!

Départ pour le Chasseron.

A Môtiers, la maison ou a vécu J.-J. Rousseau.

Le Chasseron est le point culminant du parcours, à1600 mètres. C'est le plus haut sommet du Jura suisse. Il se trouve à 12-13 kilomètres de Môtiers! Deux kilomètres environ avant le sommet, je rejoins une councurrente avec laquelle j'ai couru entre Couvet et le Soliat. Je l'ai même devancée avant les Oeillons! C'est pourquoi je suis surpris de la revoir ici, surtout qu'elle a l'air méchamment blessée! Elle est couchée en travers du chemin, quelques touristes s'occupent d'elle (son genou est bandé). Elle a l'air d'être entre de bonnes mains, je continue donc mon chemin. Un peu plus loin, alors que je remonte une piste de ski (alpin), je suis pris par une crampe à la cuisse gauche! Je me suis pourtant bien hydraté. Je ralentis un peu, je fais quelques étirements et j'arrive enfin au sommet. Je demande un massage! C'est assez inhabituel pour moi et je me prends à rêver d'une jeune kiné... En réalité, c'est un paysan du coin, ou un bûcheron, en tout cas d'après la douceur de la peau de ses paumes un manuel, qui me prodigue les soins. C'est pendant le massage du mollet droit qu'une gigantesque crampe surgit dans le mollet gauche. Finalement, après 10-15 minutes d'arrêt, je repars pour la fameuse descente sur les Dénéréaz puis sur Noirveaux. 700 mètres de dénivelée négative en moins de trois kilomètres. En principe, il y a à Noirveaux une barrière horaire à 14 heures, j'y arrive avec dix(!) minutes d'avance, mais il n'y a pas de contrôle!!!

A Noirveaux, notre assistance (Caroline et Marie-Jeanne) nous a rejoins en venant à pieds de la Côte-aux-Fées. Maintenant, c'est le retour! C'est l'occasion de dire merci à nos compagnes sans qui tout serait plus difficile.

Retour à la Côte-aux-Fées pour l'assistance.

Depuis la Côte-auf-Fées jusqu'à l'arrivée, il y a encore environ 20 kilomètres, très vallonnés. J'ai trouvé cette partie du parcours la moins intéressante. Elle ne correspond en tous cas pas au schéma figurant sur le site de l'organisation.

Et voici Sébastien en vue de l'arrivée, en mpoins de dix heures! Bien joué.

Sébastien trouve que cette épreuve est plus difficile que la Saintélyon, je suis d'accord avec lui. Mais avec deux heures d'avance sur moi, il a tout le temps de récupérer!



Et me voilà à mon tour!

Après une bonne douche, chargement de titine pour le retour.

Entre deux, Sébastien a vécu une anecdote marrante. Avisant un stand à saucisses, Séb à une envie.

- Sébastien: bonjour madame, j'aimerais un sandwich-saucisse!
- La vendeuse: euh! J'ai des sandwichs au jambon, au salami...
-  Sébastien: non, non, j'aimerai une sandwich-saucisse! C'est bien des saucisses là, sur le barbecue?
- La vendeuse: heu, oui... une saucisse avec un bout de pain, alors?
- Sébastien: oui, si vous voulez...

(A ce moment, intervient un autre 'vendeur').

Vendeur 2, à un autre quidam: 'Ah ces français, y savent plus s'exprimer...'

Le quidam: 'je te le fais pas dire, tu sais qu'y en a qui mettent encore des frites, avec leur saucisse entre deux tranches de pain...'
Vendeur 2: 'et oui, en plus, y savent plus faire de la bonne cuisine...'

On s'est bien marré... Il faut dire qu'en Suisse, le sandwich-saucisse est complètement inconnu...

De retour à la maison, surveillance active (!) de la préparation de la grillade.

75 kilomètres, 3000 mètres de D+ et 3000 mètres de D- et pas une cloque. Merci NOK!

Dimanche matin, nous partons en bateau pour la petite ville de Morat. Ici, sur les remparts.

Cette ville est connue de tous les Suisses, car il y ont mis une déculottée mémorable à Charles le Téméraire, ce que nos amis français ignorent... Il est vrai qu'à l'époque, la Bourgogne, plus puissante que le royaume, était quasiment indépendante...

Les toits de Morat.

Le chef-d'oeuvre publicitaire du plombier du coin.

La journée se termine,le lendemain, j'accompagne les parisiens à la gare. Rendez-vous est pris pour dans 3 semaines, à Courmayeur, pour le Gran Trail de Valdigne.

A bientôt.

Par Jean-Louis - Publié dans : running
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Dimanche 15 juin 2008
Bonjour à tous,

dans six jours, ça y est, départ samedi 21 juin 2008 à 0715 pour le Défi du Val-de-Travers: 74,3 kilomètres avec 2952 mètres de dénivelé. Ma seule inquiétude pour l'instant, c'est la météo. Je crains la pluie, pour un tas de raisons: la première est que suite aux intempéries de ces dernières semaines, le sol est déjà détrempé. Dans la première partie du parcours, de Couvet à Môtiers, cela ne devrait pas poser trop de problèmes, excepté peut être dans la descente des Chenées (avant Riau) ainsi que dans le dernière descente sur le château de Môtiers. Ces descentes sont raides et toujours humides en temps ordinaires. Avec les précipitations de ces derniers jours, cela n'en sera que plus glissant.
J'ai effectué la reconnaissance de cette première partie le 29 avril dernier: voir ici.

L'article d'aujourd'hui décrit la sortie du 10 juin 2008. Avant le départ, l'idée était de faire la deuxième partie du trajet, Môtiers-Couvet, soit environ 43 km avec environ 1300 mètres de D+.


Pour bien voir le profil, cliquer sur l'image ci-dessus. Dans le site WED du Défi, cliquer avec la touche droite de la souris sur l'image, copier l'image dans un document Word (par exemple). L'image sera plus grande et donc lisible!
Tout comme le 29 avril, je suis allé préalablement poser des effets de rechange au centre sportif de Couvet ou aura lieu le départ du Défi. Ainsi, à mon retour, je pourrais me doucher et me changer avant de grimper dans le train du retour.


La piscine couverte du centre sportif; le ciel est bleu, quelques brumes traînent encore sur le fond de la vallée. Résidus des pluies de ces derniers jours...

A 0915, me voici à pied d'oeuvre, à Môtiers. Je commence par traverser ce charmant village, dernières traces de la civilisation avant longtemps!

Le ciel est bleu, la température est encore fraîche, la journée s'annonce radieuse, j'ai bien choisi mon jour, on dirait.

Les premiers kilomètres se passent tranquillement, dans la forêt. Le sol est meuble, l'humus est tendre, humide certes, mais pas détrempé. Tous se passe sur de petites montées entrecoupées de zones 'plates', le tout est donc assez roulant. Mais souvenons nous qu'au Défi, on aura déjà à ce moment là parcouru 30 km!

Ah, les belles couleurs du printemps...

A gauche de ce chemin coule le ru du Breuil; en cas de fortes chaleurs, il pourrait nous rafraîchir... Puis les choses sérieuses commencent, on entre dans belles gorges de la Poëta Raisse. Sur quelques km vont se succéder des volées d'escaliers...

Des escaliers...

Des zones un peu plus plates...

C'est plat, je te dis! Ne chipotes pas!

Je me demande si on est bien dans le Jura... On dirait un peu l'Amazonie, non?

Des gorges un peu inquiétantes... avec des escaliers...

Pneus lisses déconseillés! En principe, il n'y a pas d'endroits dangereux. Comme ici, certaines portions sont 'sécurisées' par une rambarde ou par une main courante. Juste faire attention aux glissades. Autrement dit, vous devrez adapter votre vitesse aux conditions...

L'endroit est vraiment très très beau...

Passerelle et main courante.

Cette montée est très belle et finalement pas trop fatigante, car la vitesse ne peut pas y être élevée. Bien sûr, je parle pour les coureurs du dimanche, comme moi. Enfin, nous voila en haut des gorges (mais pas au sommet).

En Suisse, tant qu'on croise une vache, c'est qu'on est pas (trop) perdu.

A cet endroit justement, le parcours n'étant pas encore balisé pour la course, je me suis trompé de chemin et j'ai fais 3 km de plus et aussi un peu de D+ supplémentaire. Finalement, j'ai retrouvé mon chemin (avec une perte de temps qui aura des conséquences plus tard dans la journée). Arriver au bout de la Poëta Raisse ne signifie pas être au sommet du Chasseron, loin s'en faut! D'ailleurs le voilà, tout là-bas...

Au centre de la photo, le Chasseron. Il y a encore environ 6km jusqu'au sommet... Cette partie est très longue.
Malheureusement, le ciel se charge de sombres nuages. La météo a bien annoncé des orages, mais plutôt plus tard... en fin de journée! Et il n'est pas encore midi.

Petite montée assez raide dans les pâturages, au lieu dit 'Crêt de la Neige'. La piste passe ici à travers un enclos ou paissent des vaches. A gauche, un précipice, à droite un chemin qui ne va pas ou je veux aller. Me voilà donc obligé de traverser le troupeau, et je n'aime pas trop ça. Je passe donc la barrière (barbelés électrifiés, vive le tourisme vert!!!). Instinctivement, je reste à proximité de la barrière, au cas ou... Sage précaution, car soudainement, j'entends un galop derrière moi et en effet, deux vaches me foncent dessus. Je me dis qu'en courant le long de la barrière, elles ne viendront pas s'y frotter. Que nenni, je suis obligé de repasser de l'autre côté. Encore une petite montée en sous bois et me voilà de l'autre côté.

Sommet du Chasseron, tout le monde descend.

Tu ne crois pas si bien dire! Après environ 13 km et presque 900 mètres de D+, voilà la descente sur Noirvaux: plus de 600 mètres de D- en moins de 3 kilomètres! Et voilà qu'il commence à pleuvoir!!! Flûte de Champagne! Le chemin est très raide, peu marqué (je dois un peu improviser) et très boueux. Chemin défoncé par les bovins plus boue, ça donne cela:

Là, je prenais la photo, et ... splash... Je vous la remets au net ;-) en dessous.

Voilà!

Malgré tout, l'effort n'est pas trop pénible et j'arrive enfin dans le vallon de Noirvaux. C'est à ce moment que le ciel ouvre complètement ses vannes et laisse tomber toute la pluie possible, le tout ponctué de coups de tonnerre. Je n'aime pas trop ça, il n'y a pas de maisons aux alentours, que des arbres... Je profite de cet arrêt pour tirer mon sandwich du sac, je bois un coup et je repars. Problème, je suis complètement détrempé, mes chaussures font splash, splash et splash. Et je n'ai pas de chaussettes  de rechange...

Une petite montée et 3 km plus tard, me voici à la Côte aux Fées. La pluie qui avait cessé reprend, moins orageuse, mais fine et serrée. La température baisse. Je me mets à l'abri et je consulte mes cartes... Il me reste environ 20 km, avec plus qu'une petite montée. Je devrai y arriver dans les temps que je me suis fixé, conditionnés par le fait que j'ai un rendez-vous à 19h30 à Marin... Je repars donc gaillardement, sous la pluie... 2 km plus loin, je dois me rendre à l'évidence: je suis un peu perdu, il n'y a plus de chemin, je suis au milieu d'un pâturage, du côté du lieu-dit 'Chez de Berne'. Le problème, c'est que le chemin n'est plus marqué sur le terrain et par endroit, même pas sur la carte... Je décide donc de changer de tactique: je vais rejoindre Môtiers (au lieu de Couvet) en redescendant sur le vallon de Noirvaux (il y a un bon chemin de forêt), puis par la route asphaltée. Il pleut toujours. Enfin, j'arrive à Môtiers ou je n'ai que cinq minutes à attendre le train (quelle chance) pour Couvet.
J'ai donc fais 30 km au lieu des 42 prévus (plus 3 de détours divers); mais les 12 derniers n'auraient été que de la descente et du plat, c'est donc pas trop grave.

Arrivée à Môtiers. En voilà qui ne font pas trop de soucis...

Moi, ce qui m'inquiète un peu par rapport au Défi (dans une semaine, donc), ce sont les prévisions météo. Selon certaines sources, il ne devrait pas pleuvoir du 18 au 25 juin, sauf le 21.... On verra bien, en tous cas, je vais prendre plusieurs paires de chaussettes et peut être mes mini-guêtres, qui retiennent la 'mouille' un moment. J'hésite également avec les bâtons, pas vraiment nécessaires à la montée, peut être utile en certaines descentes. Mais ces descentes sont assez courtes et il faudrait porter les bâtons tout le reste du temps pour rien... On verra!

A bientôt!
 
Par Jean-Louis - Publié dans : running
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Dimanche 25 mai 2008
Bonjour,

depuis quelques semaines, je délaisse un peu mon blog. Il faut s'y remettre. La belle saison arrivant (du moins je l'espère), l'inspiration devrait revenir elle aussi. Que s'est-il passé depuis mon dernier article sur la Méga-Toff (daté du ... 21 mars 2008, j'ai presque honte!)?

Après la Méga-Toff, j'ai attendu quelques jours avant de reprendre un entraînement, léger au début, il faut savoir se modérer, parfois... Et puis, avec l'âge, la récupération prend de plus en plus de temps...

Enfin, dès la mi-avril 2008, j'ai repris un plan que j'avais utilisé en préparation de l'UTMB 2006. Il s'agit d'un plan à mettre en oeuvre dans les dix dernières semaines avant l'UTMB (ou toute autre épreuve similaire). Ce plan est téléchargeable ici.

Le 25 avril, je suis monté deux fois consécutivement à Chaumont, à jeun (800 mètres D+/-).
A certains endroits, la pente est de 46%!!! (La première partie de cet article montre la montée à Chaumont).

La première grande sortie (séance 4 de la semaine 2) a été faite le 29 avril. Elle consistait  à faire les 30 premiers km du Défi du Val-de-Travers, soit une boucle Couvet-Noiraigue-Le Soliat-Le Couvent-Môtier-Couvet. Dénivelé: environ 700-800 mètres D+/-. Cette course, agendée le 21 juin 2008, peut être l'ultime test (endurance, matériel, etc.) avant un autre trail ultra comme par exemple l'UTMB.

Voici quelques photos de cette jolie sortie.

Peut après le départ de Couvet (d'ou partira aussi le Défi du 21 juin 2008), l'Areuse, riche en eaux cette année, coule encore paisiblement.

Après quelques kilomètres de plat sur le fond du vallon, Noiraigue et les Tablettes de Rochefort sont en vue.

Après quelques kilomètres de montée, nous arrivons à la ferme des Oeillons. Quand il y a du soleil, c'est un plaisir de boire un verre sur la terrasse. Aujourd'hui, je n'y ai fais que me désaltérer, à ma propre gourde.

Il n'y a que les animaux du coin pour me tenir compagnie. Constatant rapidement que mon petit sac ne contient rien de comestible, ils se désintéressent très vite de moi!

C'est vraiment 'Animal Farm'!

Le répit est très cours. Après quelques hectomètres, on repart en montée à l'assaut du Soliat. En avant plan, des trace de la tempête Lothar (1999) qui avait même détruit en grande partie le parc de Versailles! En contrebas, Noiraigue.

Pour ceux qui ont lu mon article précédent (la Méga Toff): en bas de la photo, Noiraigue, point de départ de mon étape de la Méga-Toff, en dessus, la vallée de la Sagne.

Voici l'arrivée au Creux du Van, fin de la première difficulté du Défi.

Habitués aux touristes, les bouquetins quittent volontiers le cirque rocheux pour l'herbe de l'alpage. Tans qu'il y a pas trop de monde et je suis seul, il est très tôt.

Je suis maintenant au point culminant de cette sortie, au sommet du Soliat. Il a neigé ces derniers jours encore...

Après une dizaine de kilomètres sur l'altiplano  jurassien, je redescends vers la 'civilisation'. En bas, Môtiers, presque la  fin de ma sortie.

Durant son exil, Rousseau a séjourné à Môtiers. Il venait volontiers s'assoir près de cette jolie cascade.

Romantique, n'est-ce pas? De quoi inspirer bien des rêveries...

C'est fini, retour par le train. Le lac, le vignoble, les Alpes...

Progressivement, je monte en charge, même si je ne suis pas autant assidu que pour une participation à l'UTMB... Après tout, le Défi du Val-de-Travers, ce n'est que 74 km avec 1'500 mètres de D+...

Le 16 mai, j'ai fais 3 fois la montée/descente de Chaumont, soit environ 13km pour plus de 1'200 mètres de D+ (voir ci-dessus, avec la photo de l'ami Marc). J'ai répété l'exercice le mai, avec 20 minutes de moins que la fois précédente. C'est bon signe, ça...

Je vais donc continuer sur cette lancée, avec comme premier but le Défi du Val-de-Travers.

28 mai 2008: dernière étape du tour du canton BCN. C'est le 23ème tour du canton de Neuchâtel et il a toujours autant de succès. J'ai fais la première étape et je ferai la dernière. Il y a de plus en plus de Français et ils commencent à prendre des podiums...

7 juin 2008: Cressier-Chaumont. C'est une très jolie course de 13km avec environ 700 mètres de D+. Le parcours est magnifique et l'organisation toujours impeccable. Il y a quelques années, c'était un de mes buts dans l'année, maintenant, je l'utilise comme entraînement. Mais j'y ai quand même toujours autant de plaisir.

21 juin 2008: Défi du Val-de-Travers. C'est mon premier but principal de l'année. J'aurais la joie de faire cette épreuve avec mon ami parisien Sébastien le Drogo. Enfin, lui sera devant, car il est plus jeune et plus sportif que moi.

6 juillet 2008: Neirivue-Moléson. C'est une superbe course, dans la région ou le roi des fromage est né: la Gruyère. Il y a un article ici et un autre .

12 juillet 2008: Gran Trail de Courmayeur. J'ai déjà tenté cette course l'année dernière. La région est splendide. J'avais quitté la course avant son terme, pour cause de gros ennuis gastriques. C'est mon deuxième but principal, mais c'est celui que j'ai le plus à coeur d'atteindre. Voir ici et surtout .

9 août 2008: Glacier 3000 Run à Gstaad. C'est une nouvelle course et je réjouis d'aller dans l'Oberland bernois, surtout qu'on passera la nuit à Gstaad...

24 août 2008: reconnaissance du dernier tronçon de l'UTMB avec des amis qui participeront à la course.

9 novembre 2008: Marathon des Alpes Maritimes (Nice). Pas encore certain.

A bientôt








Par Jean-Louis - Publié dans : running
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Vendredi 21 mars 2008

Bonjour,

enfin (presque) remis de mon relais du 19 mars 2008, je tiens à faire partager cette expérience peu commune. Pour un historique, le pourquoi du comment et toute cette sorte de questions relatives à la Méga Toff: cliquer ici , ici, ou encore ici.

 

Mercredi 19 mars 2008, 0530: je me lève après avoir passé une très mauvaise nuit. Sans doute le stress. La météo m'inquiète. Il fait -2 degrés quand je sors du lit. Donc à Noiraigue, il doit faire -5. Au moins le ciel est clair, la météo annonce des précipitations dans l'après-midi. Je prévois d'arriver à Saignelégier vers 14 heures.

 

  HPIM0600-copie-1.JPG

Me voici à la gare de Marin, l'aube pointe le bout de son nez. Il est 0615.

 A la gare de Neuchâtel, j'ai juste le temps d'acheter deux petits pains au lait. C'est quelque chose qui passe bien et qui est facile à manger tout en marchant/courant. De plus, il y a des sucres lents... Puis je prends le train qui me mène à Noiraigue.

 

HPIM0601-copie-1.JPG

Le soleil sors de derrière les Alpes. Il est 0644.

 Nous voici dans le Val-de-Travers. Au loin, le Creux-du-Van, bien illuminé cette fois. Le 21 juin 2008, je passerai là-haut, pendant le défi du Val-de-Travers. Avis aux amateurs: vu la distance, le dénivelé et le relatif éloignement dans le temps de l'UTMB/CCC, ce défi peut être un excellent jalon pour l'entraînement au Tour de Mont-Blanc...

   

HPIM0602.JPG Le soleil commence de carresser le cirque du Creux-du-Van (0654).

A 0701, j'arrive à Noiraigue. Christian Fatton, mon prédécesseur du relais précédent, m'accueille à la descente du train. Le pauvre est malade. Sans autre forme de cérémonie, il me remets le fanion et le carnet, puis il part récupérer sa voiture à Saint-Blaise avant d'aller se soigner... Quand à moi, je suis un peu stressé par le froid et l'épreuve qui m'attend. Et du coup, on oublie de se prendre en photo ensembles avec le fanion!!!


Antoinette2.jpg

Juste avant de partir, je suis encore en tenue 'chaude' (0710)

A 0710, je me mets en route. Cela commence par une montée de 1,5 km avec 250 mètres de D+. Il doit faire -5 degrés. Mais la montée me réchauffe et après un km, je peux enlever le bas de survêtement. Je suis maintenant sur la crête et je domine la vallée de la Sagne.

  HPIM0603-copie-1.JPG

La vallée de la Sagne (0738).

La traversée de la vallée de la Sagne, dans le sens de la longueur fait environ 13-14 km. Le fond de cette vallée est rigoureusement plat, avec vers la fin quelques faux plats montants. En principe, à cette saison, on y fait du ski de fonds... Par la force des choses, je suis obligé de longer le route passant par les Petits-Ponts puis Plamboz, ensuite la Sagne et enfin la Corbatière. Le moins que je puisse dire est qu'il faut être prudent. En effet, un radar dans ce secteur ne ferait pas de mal...

HPIM0605.JPG

Habitation typique du Jura Suisse, en l'occurence de la vallée de la Sagne (0749).

Vers 0930, j'arrive au bout de la vallée. C'était un peu monotone, mais je n'ai pas froid. Juste un peu faim, maintenant. C'est le moment de sortir mes petits pains. Depuis le départ, j'ai pris deux gels et un peu de boisson. Le froid ne pousse pas à s'hydrater.

 

HPIM0606.JPG

Longue, longue vallée, de la Sagne. Je suis parti des éminences que l'on perçoit dans le fond (0924).

 

HPIM0607.JPG

Ca, par contre, ce n'est pas typiquement jurassien! (0934)

J'arrive maintenant au bout de cette portion. J'arrive aux Grandes Crosettes, altitude 1048 mètres. Et que vois-je (enfin) au loin? Les tours de la Chaux-de-Fonds.

HPIM0608.JPG

Au loin, les trois tours (0959)...

La ville est encore cachée par les creux et les bosses du terrain. La Chaux-de-Fonds, c'est la ville à la campagne. C'est la troisième plus grande ville de Suisse romande, après Genève et Lausanne. La ville compte plus de trente mille habitants. C'est l'une des capitales mondiales de l'horlogerie. Parmi les personnes célèbres qui y sont nées, citons:

- Charles-Edouard Jeanneret (1887-1965), plus connu sous son nom d'artiste: Le Corbusier;

- Frédéric-Louis Sauser (1887-1961), plus connu sous son nom d'écrivain: Blaise Cendrars;

- Louis Chevrolet (1878-1941), coureur et constructeur automobile;

- Plus anciennement, Daniel Jeanrichard (1665-1741), est considéré comme l'un des fondateurs de l'industrie horlogère en terres neuchâteloises.

- Citons encore Pierre Jaquet-Droz (1721-1790), horloger lui aussi, génial inventeur d'automates qui aujourd'hui encore fonctionnent et peuvent être vus en mouvement au musée d'Art et d'histoire de Neuchâtel.

Revenons à nos moutons. Un peu de montée, passage par le camping du Creux des Olives et enfin je descends sur la 'Tchaux' (surnom de la ville). J'ai fais la moitié de mon relais. La Chaux-de-Fonds est une ville industrielle, de mécanique de précision et d'horlogerie.

HPIM0610.JPG

La Chaux-de-Fonds, l'avenue Léopold Robert. La bise souffle modérement, le ciel commence de se couvrir, il fait 0 degré (1028).

Je traverse la ville par l'avenue Léopold Robert et je perds un peu de temps à retrouver les chemins pédestres qui vont me mener au Jura. D'ailleurs, je ne trouve pas tout de suite le bon chemin et je progresse assez lentement sur une crête surplombant le chemin de fer du Jura. J'arrive à la Cibourg. Je suis maintenant dans le canton de Berne. La météo se maintient et quand bien même je supporterais quelques degrés de plus, je n'ai pas froid, sauf quand je m'arrête pour récupérer la page suivante de mon road-book. J'arrive à la Ferrière. Dans la région de la Chaux-d'Abel (je suis maintenat dans le canton du Jura), je me perds un moment et il me faut un quart d'heure pour me remettre sur les bon rails. Le balisage pédestre laisse parfois un peu à désirer. Les prairies sont légèrement gelées et cela a comme avantage d'éviter la gadoue... Je suis à prêt de mille mètres d'altitude et pourtant, les jonquilles commencent de fleurir. Pas sur qu'elles passent les Pâques!

HPIM0612.JPG

Miracle de la nature... (1228)

Je traverse le village des Bois. De là, je descende de suivre la route au lieu des chemins, car j'ai perdu du temps précédemment et je dois remettre le relais à 14 heures à Saignelégier! Le Boéchet puis le Noirmont sont traversés sans encombre. Il fait plus froid. La bise est plus forte. Voici enfin le hameau de Muriaux. Plus que deux kilomètres... Une petite montée sur les Chargeoux et je suis de nouveau à 1000 mètres. De là, je surplombe Saignelégier, 2140 habitants et but de mon périple.

HPIM0613.JPG

Saignelégier, 'capitale' des Franches-Montagnes (1357).

Je trouve facilement la gare et mon relais à qui je dois remettre le carnet (ou je n'ai noté que deux lignes, mais je me rattrape ici) et le fanion.

 

HPIM0615.JPG

Je suis un peu crispé par le froid et la fatigue et j'ai de la peine à sourire... (1408)

HPIM0614bis.JPG

A droite Eric Bonnotte, accompagné de Martial. Ils feront le relai ensemble, de Saignelégier à Montbéliard (62 km).

Le fanion est repassé en France! Bonne route et bon courage. Au moment ou j'écris cet article, il neige, il vente, il fait 1 degré! J'ai eu de la chance! Et quand on se rappelle que le 15 mars, pour les 15 km de Kerzers, j'ai eu 17 degrés!!!

HPIM0616.JPG

Et comme d'hab, après l'effort, le réconfort, avant d'aller prendre le train qui me ramènera à la maison (1451).

 

HPIM0618.JPG

Pas de doute, aujourd'hui je suis mieux chez moi!

Avec un temps pareil, je n'aurais jamais pu relier Noiraigue à Saignelégier! J'ai eu du plaisir à faire ce relais, même si je manquais totalement d'entraînement. Mon unique regret, c'est que les médias locaux soient passés totalement à côté de cet événement. J'ai pourtant sollicité l'Express, l'Impartial et le journal du Jura, sans succès! Je n'ai plus fait une si longue distance depuis la CCC 2007 (août 2007). Quelques jours de repos et je vais élaborer un plan de préparation pour le défi du Val-de-Travers.

Eric m'a envoyé un petit mail pour me dire que tout allait bien, ils sont bien arrivés. Sauf qu'ils ont perdu le fanion du côté de Saint-Hypolite et qu'il a fallut le chercher pendant 90 minutes... Moi, je l'avais caché dans mon sac!

UMT_drapeau.jpg


 

Carte de mon parcours

CR du relais 33, mon ami Pierre Joye (ou vous constaterez, que s'il pouvait parler, le fanion en aurait à nous dire...)

 

Avant de vous quitter, je veux encore adresser un grand remerciement à ceux qui ont eu l'idée et à ceux qui ont permis de la concrétiser. Encore merci et bravo!!!

A bientôt

 

Par Jean-Louis - Publié dans : running
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